Pour valoriser les grands brûlés, Burns and Smiles nous offre de l’émotion juste

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Le combat des Grands Brûlés n’est pas celui dont on parle le plus dans l’univers des associations. Pourtant, de nombreuses personnes souffrent physiquement, mais aussi psychologiquement, en grande partie dû au regard des autres. L’Association Burns and Smiles et l’Agence TBWA/Paris ont choisi de nous proposer un spot juste, pour valoriser le combat de ces personnes, pour qui tous les jours devraient ressembler à cette capsule de vie. Coup de coeur.

Émotion Juste

Faire de la communication pour une association, quelle qu’elle soit, est souvent plus simple dans l’approche qu’il n’y paraît. En effet, les retours sont souvent positifs au vu du sujet abordé, et il est compliqué de critiquer le travail émérite réalisé. Ce qu’il est souvent plus compliqué à faire en revanche, c’est d’amener doucement l’observateur à se sentir impliqué par la scène, jusqu’à être en profonde empathie avec le protagoniste principal et le message qu’il dégage. Dans un précédent article, nous avions abordé une partie de cette sensation comme « l’émotion juste« , une sorte de graal dans la communication qui laisse le spot parler seul et marquer les esprits après la toute première visualisation.

L’Association 30 million d’amis et son agence Buzzman avaient réussi ce pari en nous faisant dire Non à l’Abandon au sein d’un spot juste et sincère.

Aujourd’hui c’est une autre association accompagnée de son agence qui nous intéressent : l’Association Burns and Smiles et l’Agence TBWA/Paris.

« Le combat des brûlés », sobrement

Cela faisait longtemps que je voulais vous parler de ce spot. C’est la récente récompense (Yellow Pencil des D&AD Awards) de TBWA/Paris et Burns and Smiles qui m’a donné envie de m’y remettre. Sincèrement il est compliqué d’analyser ce spot et de le commenter avec objectivité tant le sujet est profond et qu’un article ne permet pas de le traiter en entier.

Finalement, c’est un peu la même problématique que l’on retrouve dans la genèse de ce film de l’excellent réalisateur Nicolas Galoux : comment aborder un sujet complexe en quelques minutes et faire passer l’exact message souhaité ? Eh bien en créant une capsule temporelle de la vie d’un Homme, interprété par Boris Ravaine, qui ne se déroulera que sur une soirée. Une soirée bien particulière puisqu’il s’agît d’Halloween. Soirée de l’horreur pour certains, de la délivrance pour notre Homme, nous allons vivre durant presque quatre minutes, la transformation d’un Homme renfermé et méfiant, en un protagoniste sans aucune réserve qui a choisi de vivre pleinement.

Burns and Smiles et TBWA/Paris dans un spot publicitaire

« Liège, le soir d’Halloween. Il se fond dans la masse, enfin. Voilà un an qu’il ne sort plus, de peur du jugement de l’autre. Alors que tout le monde pense qu’il porte un masque, il ose enfin être à visage découvert… »

Ce qui frappe tout au long du film, c’est sa sobriété

Une sobriété presque gênante puisque l’on se retrouve entre le reportage et le spot, sans vraiment savoir vers quoi l’on oscille. Le seul au centre de l’action est l’Homme, tout le superflu est enlevé et c’est une absence de musique, de sons et d’habituels habillages qui rend le tout un poil oppressant. Mais c’est exactement ce qui est recherché et qui est plaisant dans ce spot : la douce dérive d’une situation renfermée vers une ouverture à la vie simple et heureuse. On note la magnifique métamorphose d’un Homme que l’on sent ouvert aux autres une fois la peur du jugement passée.

Et c’est au moment où l’on atteint ce qui fait le bonheur de cet Homme, que tout s’arrête brusquement puisque « La soirée est finie ». Très simple, sincère et impliquant, le film matérialise parfaitement ce que peut ressentir un grand brûlé. Enfin, il nous donne l’impression de comprendre et d’accéder à certaines clés de décryptage de ce « mec normal parmi les mecs normaux ».

Pas de jugement

Un point extrêmement plaisant dans ce film, c’est qu’il est sans aucun jugement. Là où certains spots d’associations prennent à parti, ici c’est la presque naïveté du protagoniste qui nous touche. Sans jamais juger les personnes qui l’observent derrière la caméra, il crée une forme de rapport de proximité en s’adressent ainsi directement à nous. Des mots simples et une timidité humaine nous donnent un spot exceptionnel de justesse.

C’est encore une fois une ode aux spots simples et honnêtes, ne trichant pas avec les émotions ou les effets de style trop éculés. Comme le minimalisme dans le design, ce minimalisme dans la production permet de toucher plus profondément que toute autre action. Félicitations à toutes les parties prenantes de ce spot, c’est un prix bien mérité !

« Point trop n’en faut quand l’émotion parle. Laissez-la s’exprimer, elle suffit »

Burns and Smiles décroche un prix pour sa campagne de communication avec TBWA/Paris

Toujours est-il que si la cause vous intéresse et que vous souhaitez aider, partager ou simplement en savoir plus, rendez-vous sur le site web de Burns and Smiles.

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