Fondation Abbé Pierre x Altmann + Pacreau : comme un air de déjà vu !

147
0
Share:

Une fondation et une agence de communication qui s’associent. Cette collaboration Fondation Abbé Pierre x Altmann + Pacreau a de quoi intéresser. D’autant que nous avions pu observer la réussite d’une telle association entre l’Agence Buzzman et la Fondation 30 Millions d’Amis.

Discussions…

La Fondation Abbé Pierre en campagne pour cet hiver 2017

Une campagne d’émotion symbolique

Ce n’est pas sans émotion que nous retrouvons la Fondation Abbé Pierre dans une campagne de fin d’année 2017 qui vise à mettre en lumière l’Exclusion.

Cette exclusion peut toucher tout le monde mais tout le monde peut lutter contre. Voici le message que cherche à faire passer la fondation dans son spot et l’ensemble de visuels de campagne diffusés.

Globalement, la campagne est intéressante et plaisante à observer, d’autant que cela fait extrêmement plaisir de voir une fondation qui s’ouvre à une communication « professionnelle » et à un travail créatif sur son image.

L’accroche : « L’exclusion n’exclut personne »

Nous sommes d’accord, elle est relativement simple. Mais c’est ce qui fait son efficacité ! Le double emploi de la notion « d’exclusion » est percutant et ancre l’accroche de cette campagne dans l’esprit. Je dois reconnaître qu’après avoir vu le film et les visuels, l’accroche est toujours présente dans ma tête.

L’emploi du terme « personne » est d’autant plus intéressant qu’il va permettre de personnifier l’ensemble des gens. « Personne » c’est toi, c’est moi, c’est tout le monde. « Personne » ça peut être n’importe qui, et ça doit parler à n’importe qui !

En print

Le travail print est impeccable. 3 visuels clés, simples, clair et lisibles pour n’importe qui.

Les personnages sont centraux, l’accroche est bien visible, et la retouche est vraiment bonne (juste un peu en dessous sur le visuel de la femme et son enfant).

Cette projection futuriste où l’on ne sait pas si la personne est devenue sans-abri ou a réussi à s’en sortir est intéressante et offre un double niveau de lecture, adaptable en fonction de sa propre appréhension du visuel.

L’idée du reverse thinking, présente dans la vidéo, est matérialisée ici avec réussite.

Ces visuels seront d’ailleurs diffusés sur 4.000 supports partout en France. Si vous souhaitez en savoir davantage sur le print et sur la Fondation, je vous invite à en découvrir le site web.

L'exclusion n'exclut personne - Fondation Abbé Pierre

En vidéo

La vidéo d’1 minute 41 est assez simple à comprendre. Dans une succession de micro-scènes, un homme perd tout ce qu’il y avait de rassurant dans sa vie (travail, maison) pour se retrouver seul à dormir sur des cartons. C’est au moment du dezoom sur cet homme endormi que l’histoire s’inverse et que l’on retrouve exactement les mêmes images montées à l’envers. Celles-ci révèlent alors une toute autre histoire, celle d’un homme parti de la difficulté d’être sans-abri à retrouver un toit ainsi qu’un travail.

Notre part d’humanité peut anéantir la précarité

Dans ce spot, toute la différence réside dans le reverse thinking mis en place. Il est au coeur de la vidéo et organise toutes les images et la façon dont nous allons les percevoir. Cette forme « d’inversion du point de vue » est une technique intéressante et plutôt audacieuse dans un tel film publicitaire. Qui plus est, comme je l’indiquais plus haut, elle se marie à merveille avec le travail sur les visuels clés de la campagne.

Toutefois, malgré l’intérêt que j’ai pour cette campagne et pour le travail réalisé dessus, 2 points importants sont selon moi à mettre en exergue.

Une belle explication de la mission

« Le reverse thinking c’est bien, quand c’est crédible c’est mieux ! Ici le problème est que l’histoire semble avoir été pensée dans un sens (le premier) mais pas dans l’autre. La descente aux enfers de ce personnage est compréhensible et malheureusement bien réaliste. En revanche, son inversion ne l’est pas du tout. »

Voici ce que j’ai pensé au premier abord, et sans connaître réellement la Fondation. Parce que finalement, bien que l’on en connaisse le nom, on ne fait que rarement l’effort de savoir ce qu’il se trame derrière. Je n’avais pas fait l’effort et ne comprenais pas la mission réelle de la Fondation Abbé Pierre. En partie ma faute certes, mais aussi de la marque qui n’a pas su m’expliquer clairement son but.

Dans ce film, le renversement des images permet de rendre illogique le déroulé : une personne sans-abri retrouve un logement, s’installe, retrouve confiance, puis retrouve un emploi. Est-ce que cela se passe vraiment comme ça dans la vie ?

La Fondation Abbé Pierre en campagne pour cet hiver 2017

A vrai dire cela ne se passe pas forcément ainsi, mais cela le devrait, car c’est cet enchaînement d’actions qui va permettre de stabiliser la situation de la personne. Le fait d’avoir un logement va lui permettre de solidifier sa situation, de lui donner confiance, et de lui permettre d’aller de l’avant.

C’est, en réalité, LA mission de la Fondation Abbé Pierre qui cherche à rendre accessible un moyen de logement décent pour tous, quel que soit la condition de revenus. C’est une très belle mise en valeur de cette mission car, même pour un ignare tel que moi, j’ai pu comprendre et appréhender toute la force de celle-ci.

Inspiration ou Plagiat ?

Ce qui est un peu moins plaisant dans ce film va au-delà du film en lui même. C’est en « comparant » avec ce que font ses pairs, que l’agence Altmann + Pacreau a sans doute pu penser à ce principe de reverse thinking, en allant chercher chez une agence française, le travail fait pour une … fondation, et utilisant ce même principe il y a seulement quelques mois. Je vous invite à vous en faire votre propre idée ici.

Serait-ce donc une inspiration un peu trop prononcée d’une agence ? Ou alors une pompe manifeste ?

A vrai dire, le débat est ouvert et seules les équipes de Altmann + Pacreau le savent. Pour ma part, connaissant la réputation de l’agence et son travail de qualité, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une vulgaire pompe. Pas de manière aussi flagrante et avec une typologie de client si proche !

Si l’on regarde la temporalité de diffusion, les deux films sont sortis à 5 mois d’intervalle environ. Il peut donc s’agir d’une coïncidence, ce moment où deux idées se percutent alors qu’elles avaient été pensées indépendamment, dans deux lieux et pour deux clients différents. Je me renseignerai donc sur le travail mené par les équipes d’Altmann + Pacreau afin d’en savoir davantage sur cette campagne.

Sachez que cette campagne sortira sur de nombreuses plateforme digitales (YouTube, Facebook, etc…) ainsi que dans nos salles de cinéma.

Dans tous les cas, à travers cet article, je tiens à féliciter les équipes de la Fondation Abbé Pierre de faire confiance à une agence de communication et de s’aventurer sur des territoires plus créatifs et dignes d’intérêts dans la communication.

Si vous souhaitez découvrir davantage d’expirations, je vous invite à vous rendre ici.

Share:

Commenter